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| Le Channel Dash : un rare exemple d'une parfaite collaboration entre aviateurs et marins... |
Deux heures plus tard, les navires allemands, qui continuent de marcher à 30 noeuds, ont grignoté une centaine de km supplémentaires... sans que quiconque se soit encore aperçu de leur présence !
Sur leurs écrans, plusieurs opérateurs britanniques ont certes observé, et très règlementairement rapporté, la présence de nombreux appareils "qui semblent orbiter au sud de Boulogne", mais ces derniers ne montrant aucun signe de vouloir se diriger vers la Grande-Bretagne, les analystes en ont conclu qu’il ne s’agissait que d’avions ennemis se livrant à un exercice de routine, ou alors engagés dans l’une ou l’autre opération de recherche et de sauvetage.
Personne parmi eux ne peut envisager qu’il s’agisse en fait d’appareils assurant la couverture aérienne d’une véritable flottille allemande, et en particulier des deux croiseurs de bataille et du croiseur lourd que chacun croit encore sagement amarrés à Brest alors qu’ils tracent en fait leur chemin à travers La Manche depuis maintenant une douzaine d’heures !
Et les dits navires, eux, n’apparaissent toujours pas sur les écrans ou, s’ils y apparaissent furtivement, ne sont pas identifiés comme tels, en raison des fameuses "perturbations atmosphériques" auxquelles chaque opérateur s’est inconsciemment habitué.
Il faut dire que le radar, qui, en 1940, a puissamment contribué à la victoire britannique lors de la Bataille d’Angleterre, demeure encore, deux ans plus tard, un engin au fonctionnement capricieux, et dont les résultats - les fameux "échos" - sont de surcroit très difficiles à interpréter.
Et les minutes de s'écouler sans que personne paraisse en mesure de réaliser ce qui est réellement en train de se passer…

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