jeudi 13 juillet 2023

7624 - "plus de succès que certains ne l'avient prévu"

Envoyer des cargos isolés dans l'Arctique : le pari de l'Opération FB
... au lieu de risquer un seul convoi fortement escorté, comme on vient encore de le faire avec le PQ18, on va donc envoyer des bâtiments isolés et sans escorte, en pariant sur le fait que leur singularité, et surtout la Nuit arctique, les protégeront des regards, mais aussi des bombes et des torpilles, de l'ennemi.

"Conscient des risques, Churchill câbla à Roosevelt début octobre que les navires seraient tous des navires britanniques, "pour lesquels les équipages devront se porter volontaires, les dangers étant terribles, et leur seul espoir, s'ils sont coulés loin de toute aide, reposant uniquement sur des vêtements arctiques et autres, des dispositifs de chauffage pouvant être placés dans les canots de sauvetage"

Cette [dernière] hypothèse était ridicule, tout comme l'affirmation selon laquelle aucun navire américain ne serait utilisé. Entre le 29 octobre et le 2 novembre 1942, à environ douze heures d'intervalle, des navires marchands britanniques et américains, alternés avec un navire russe supplémentaire, partirent seuls, naviguant à environ 200 milles l'un de l'autre"

(...) "Ces navigations indépendantes", souligna [ensuite] l'historiographie officielle, trahissant une certaine appréhension, "eurent plus de succès que certains ne l'avaient prévu".

Ce qu'était réellement le niveau d'attentes [de ceux-là] n'est pas clair, mais à la lumière des événements, avec un taux d'attrition de 50% pour les navires chargés naviguant vers l'URSS, il devait être extrêmement faible" (2)

De fait, sur les treize cargos partis individuellement vers l'URSS lors de cette "Opération FB", seuls cinq sont finalement arrivés à bon port, tous les autres ayant été contraints de faire demi tour ou alors expédiés par le fond...

(1) Woodman, op cit, page 359

2 commentaires:

Anonyme a dit...

Bonjour! Compliments pour le blog...
Le système de convois , avec une protection de navires militaires était plus performant que celui des navires naviguant isolément...et l'amirauté britannique avait fait le constat ...depuis la guerre de 14.

Lors de la guerre de 14 seuls les navires ultra rapides naviguaient isolément (les paquebots haut de gamme très rapides, reconvertis en transports de troupes...et cela n'a pas empêché le torpillage du Lusitania).

Durant la 1° guerre mondiale une bonne partie du transport de deux matières premières stratégiques Nickel de Nouvelle Calédonie -aciers spéciaux- et nitrate de soude du Chili -engrais chimiques et explosifs- se faisait avec des voiliers (les derniers grands 4 Mâts en acier, successeurs des clippers) et , étant impossibles à regrouper en convois vu les aléas particuliers de la navigation à voile, et à la merci d'une période de calme les réduisant à l'état de canard posé sur l'eau ils ont payé le plus lourd tribut aux attaques de U boot qui les guettaient à l'affut , à l'entrée de la Manche ou du Canal de Bristol.

Avec la généralisation de l'aviation, de la radio , puis de la radio-détection la situation d navires lents et isolés était devenue vraiment intenable lors de la 2° GM...l'opération FB avait sans doute ses raisons d'être mais il était bien évident que c'était un surcroit de risques...comme l'avait d'ailleurs démontré le massacre du PQ 17, après l'ordre malavisé de disperser le convoi et de rappeler tous les navires d'escorte .
L "plus de succès que prévu" est sans doute un understatement britannique pour dire que les amiraux les plus pessimistes avaient prévu 100% de pertes

Anonyme a dit...

Bonjour! Vous citez le chiffre de 13 cargos participant à l'opération FB: Il s'agit des navires anglais , américains ou sous pavillon de complaisance assimilé.
L'opération FB comprenait aussi 8 navires soviétiques, dont un fut coulé par le destroyer allemand Z 27...