dimanche 8 mai 2022

7191 - de l'art d'interpréter les ordres

"Corsair" au décollage du Bunker Hill, 6 mai 1945
... porte-avions Bunker Hill, 06 avril 1945, 23h30

Car Mitscher n'entend certes pas laisser les "vieux pots" de l'amiral Deyo lui ravir le Yamato, et sa propre part de gloire ! 

Spruance a certes décidé de confier le sort du dit Yamato à la dizaine de vieux cuirassés de l'amiral Deyo, et ordonné à Mitscher de continuer à assurer sa mission actuelle, soit la couverture aérienne d'Okinawa, mais il n'a en revanche pas formellement interdit aux appareils de la Fast Carrier Task Force de s'intéresser au Yamato : dans son esprit, les porte-avions de Mitscher sont de toute manière trop loin de la position présumée du japonais pour être en mesure de s'en prendre à lui.

Pour Mitscher, tout le défi en cet instant consiste donc à "interpréter les ordres" en sa faveur, c-à-d à se rapprocher du Yamato autant que possible,… puis à l'attaquer sans compromettre pour autant la sécurité des troupes et des navires engagés à Okinawa !

Heureusement pour lui, Mitscher dispose de moyens importants, soit douze porte-avions et près d'un millier d'appareils immédiatement disponibles (!), c-à-d bien assez pour mener ces deux opérations en même temps,... surtout que s’ajoutent à cela la demi-douzaine de porte-avions lourds et légers de la British Carrier Force, ou encore la vingtaine de porte-avions d'escorte spécialement dédiés à la protection des opérations de débarquement !

Reste que les appareils que l'on engagera contre le Yamato devront tout de même opérer à la limite de leur rayon d'action, qu'ils ne disposeront que d'une quinzaine de minutes d'autonomie sur zone, que personne au sein de l'État-major de Mitscher ne connaît les véritables intentions des Japonais, ni la position exacte qu'ils occuperont le lendemain matin, et aussi que Spruance devra être tenu dans l'ignorance totale de ce que l'on se prépare à faire, et ce au moins jusqu'au décollage des avions !

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