mercredi 9 juin 2021

6759 - Némésis

Hiroshima : point culminant d'une Némésis débutée deux ans plus tôt...
 … dans la mythologie grecque, Némésis est la déesse de la vengeance et de la justice redistributive, celle dont le légitime courroux s’abat sans remord ni faiblesse sur tous les mortels coupables d’orgueil, d’arrogance ou de mégalomanie, autrement dit d’hybris.

Plus grande la culpabilité des mortels et de leurs rois, plus terrible la vengeance divine, et en vérité, en existe-t-il une plus terrible que celle, plus brillante qu’un millier de soleils, qui s’abattit sur Hiroshima, ville stratégique importante mais préservée à dessein par ses futurs vainqueurs et occupants, au matin du 6 août 1945 ?

Hiroshima, chacun en convient sans peine, n'est en définitive que le point culminant d’une Némésis débutée deux ans plus tôt, soit un paroxysme de violence et de destruction d’une ampleur certes inimaginable, mais un paroxysme qui - et on l’oublie hélas trop souvent - n’aurait jamais existé sans la perpétration préalable d’innombrables crimes analogues commis par hybris et par les propres compatriotes de ceux qui en furent victimes ce matin-là, et par la poursuite par ces derniers d’une résistance aussi sanglante et acharnée qu'inefficace et désespérée.

Ironiquement, le caractère aussi terrifiant qu’indiscriminé de cet apex allait ensuite permettre à l’Empire du Soleil levant d’émerger de sa défaite et de l’après-guerre avec l’enviable statut du martyr alors qu’il n’avait, depuis des décennies, et de Séoul à Nankin en passant par Manille ou encore Singapour ou la Rivière Kwaï, joué que le rôle du bourreau.

C’est à cette vengeance démesurée, cette Némésis proprement apocalyptique, que je vous invite à présent dans ces pages…

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