
… dans le domaine des blindés, les Japonais se trouvaient, hélas pour eux, dans la même et triste situation que leurs alliés italiens.
Tout aussi pléthorique, et tout aussi tragiquement sous-équipée, l’Armée de Terre japonaise s'était donc contentée elle aussi, et pour l'essentiel, de minuscules tankettes à peine bonnes à effrayer les moineaux. Mais au fond, pourquoi réclamer davantage de chars, et des chars plus lourds et beaucoup plus chers, quand l’adversaire à combattre – guerriers éthiopiens ou militaires chinois – était encore plus mal loti ?
Et s’il s’agissait de se rendre maître du Pacifique, et de ses innombrables îles, des blindés plus lourds exigeraient également des navires plus gros et plus nombreux, et une logistique bien plus élaborée, pour être acheminés à bon port.Parfaitement cohérente en soi, cette doctrine présentait évidemment de sérieux risques si les tankistes japonais, claquemurés dans leur ridicule boîte de conserve, venaient à croiser la route d'un véritable char d'assaut.
Au Nomonhan, en 1939, cette volonté de faire tout avec presque rien s'était d'ailleurs soldée par une cuisante défaite contre une Armée rouge qui ne disposait pourtant de rien de plus sérieux que des T-26 de 10 tonnes !
A l'évidence, il fallait construire non seulement davantage mais beaucoup plus lourd. Mais, à l'instar de sa consoeur italienne, l'industrie japonaise, déjà soumise à d'énormes pressions pour construire davantage de navires et d'avions, n'avait pas les moyens nécessaires pour fabriquer en grande série des tanks au moins égaux aux Sherman ou même aux Stuart américains que les tankistes nippons devraient bientôt affronter.Au final, environ 2100 type 97 Chi-HA de seulement 16 tonnes allaient ainsi être fabriqués et mis en service entre 1938 et 1945, soit à la cadence ridicule de... 300 tanks par an !
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