
… à Midway, les Japonais jouèrent de malchance et, en dépit d’une confortable supériorité numérique, perdirent la bataille et surtout quatre porte-avions contre un seul aux Américains.
En quelques minutes, le rapport de forces venait de basculer, et le faible avantage laborieusement obtenu sur les États-Unis dans le domaine aéronaval était désormais réduit à néant.
Il fallait de toute urgence reconstruire de nouveaux porte-avions mais, dans ce domaine comme dans tous les autres, l’industrie japonaise, déjà au maximum de ses capacités, ne pouvait rivaliser avec son adversaire américaine.
De 1942 à 1945, la Marine impériale japonaise allait ainsi mettre en service sept nouveaux porte-avions d'escadre et trois d'escorte, contre respectivement… trois et vingt fois plus pour l’US Navy !
Avec l’énergie que confère le désespoir, ingénieurs et ouvriers japonais allaient également convertir en porte-avions l’immense coque inachevée du cuirassé Shinano, et iraient même jusqu’à transformer divers bâtiments, y compris les vieux cuirassés Ise et Hyuga en monstrueux "cuirassés porte-avions hybrides", qui conservaient leurs tourelles avant mais se voyaient doter, à l’arrière, d’un pont d’envol si court (70 mètres) qu’il ne pouvait servir qu’à lancer des avions mais pas à les récupérer (1)
Tout cela en pure perte : devenu tout à la fois porte-avions et navire-ravitailleur, le Shinano, déclaré apte au service le 18 novembre 1944, serait torpillé dix jours plus tard, sans un seul avion à son bord, tandis que les Ise et Hyuga seraient coulés par l'aviation américaine, à l'été 1945, là encore sans un seul appareil à leur bord.Trop peu nombreux, souvent mal conçus (pas de catapulte, pont d’envol trop court, compartimentage défaillant, absence de radar,...), souffrant d'une pénurie de carburant et de personnel qualifié de plus en plus criante, les 23 porte-avions japonais (25 si l'on tient compte des hybrides Ise et Hyuga), allaient succomber les uns après les autres sous les attaques américaines.
A la Capitulation du Japon, seuls quatre d'entre eux, lourdement endommagés et désormais incapables de naviguer, seraient encore à flot dans les ports japonais…(1) la dotation théorique, et jamais mise en œuvre, se composait en réalité pour moitié d'hydravions Aichi "Zuihun" récupérables au moyen d'une grue, et pour l'autre moitié de bombardiers en piqué Yokosuka "Suisei" qui, dépourvus de flotteurs, n'avaient d'autre choix, une fois lancés, que de se poser à terre ou sur le pont d'un vrai porte-avions.
Aucun commentaire:
Publier un commentaire