lundi 30 avril 2012

3342 - laver l'affront

... brutalement limogé par Truman, MacArthur était rentré aux États-Unis en héros injustement maltraité.

Acclamé par les foules partout où il passait, il avait fini par livrer devant le Congrès un discours d'adieu d'autant plus historique qu'il y fut bruyamment ovationné plus d'une trentaine de fois par des élus de la Nation en pleine extase.

Il n'en fallait pas plus pour convaincre les Républicains d'appuyer la création d'une commission d'enquête du Sénat chargée d'investiguer toute l'affaire.

Pour ceux-ci, qui ne doutaient pas une seconde de la parfaite innocence du grand homme, la dite commission devait porter un coup supplémentaire, peut-être fatal, à toute l'administration Truman et à son Président qui, depuis le début de la Guerre de Corée, sombrait jour après jour dans des abîmes d'impopularité.

A n'en point douter, c'était aussi le dessein de MacArthur, un dessein qu'il avait soigneusement entretenu et développé depuis des mois et probablement depuis la désastreuse retraite du Yalu, à la fin de 1950

Même si elle devait se dérouler à huis clos, cette commission, MacArthur en était convaincu, achèverait de ruiner la crédibilité de Truman et, par voie de conséquence, laverait l'affront fait à sa personne et le restaurerait, lui, dans toute sa grandeur et face au futur jugement de la postérité, soit le seul qui lui importait vraiment...

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