vendredi 21 octobre 2011

3150 - le cheval invisible

... "Si les Chinois osent intervenir, notre aviation fera du Yalu le plus grand fleuve de sang de l’Histoire", s’est exclamé MacArthur peu avant Inchon.

"Cette traversée sera la plus grande boucherie de toute l’Histoire de l’Humanité", a-t-il cru bon d’ajouter lors de sa réunion avec le Président Truman, à Wake Island, le mois suivant

Sur le papier, il est vrai, l’Aviation occidentale semble parfaitement en mesure de tenir ce rôle… à condition bien sûr d’apercevoir les troupes occupées à traverser le fleuve !

Car à aucun moment, MacArthur ne semble avoir envisagé l’hypothèse que des milliers – et même des dizaines de milliers ! – de soldats chinois réussiraient à franchir le fleuve sans être attaqués – ni même repérés – par une Aviation sur laquelle l’Infanterie américaine se repose une fois de plus entièrement.

Peng, qui a longuement étudié la biographie et les tactiques de MacArthur, a quant à lui décidé de tenir le pari : dans la soirée du 19 octobre, au moment-même où les Américains sont occupés à fêter la chute de Pyongyang, plusieurs milliers de soldats chinois ont entrepris de franchir le fleuve de nuit.

Dans les journées - ou plutôt les nuits - suivantes, des milliers d’autres vont les imiter. Débutant à chaque fois la traversée vers 19h00, pour l’interrompre vers 03h00 du matin, des divisions entières vont ainsi pénétrer en Corée du Nord à l’insu des Américains, puis se tapir toute la journée dans tous les trous, toutes les grottes, tous les massifs boisés imaginables afin d’échapper à l’attention des avions de reconnaissance occidentaux.

A Troie, Ulysse avait lui aussi réussi à introduire des combattants au sein-même des défenses de son adversaire, et sans davantage éveiller son attention.

Mais en Corée, Peng, lui, n’a même pas besoin de cheval…

Aucun commentaire: